Flore et végétation

Flore et végétation

La flore et la végétation du Parc sont profondément influencées par la présence d’un grand nombre de lacs et de petites zones humides, ainsi que par l’abondance d’affleurements de serpentines, roches qui sont à l’origine de sols pauvres et peu profonds; dans le haut vallon de Dondena (commune de Champorcher), de vastes affleurements de calcschistes accueillent une flore assez riche et variée, très différente de celle qui se trouve dans les zones des serpentines.  

L’espace protégé est caractérisé par des paysages végétaux insolites à l’échelon régional, parmi lesquels figure notamment une forêt de pins à crochet. Ce conifère est l’arbre qui s’adapte le mieux aux sols tourbeux et aux affleurements ophiolitiques et, dans le vallon de Chalamy, il remplace la plupart des autres conifères présents dans la région (mélèze et épicéa).
Le pin à crochet se différencie de son cousin, le pin sylvestre, par son tronc et par ses branches entièrement gris-bruns (et non pas en partie jaunes-rougeâtres) mais aussi par les écailles de ses pignes, qui arborent des crochets bien visibles.
Présent dans les Pyrénées et dans le centre-ouest des Alpes, il est peu répandu en Italie et c’est dans le Parc naturel du Mont-Avic que se trouve la pinède la plus étendue du pays (plus de 1100 ha) ; la forêt du vallon de Serva est classée parmi les peuplements semenciers et fait l’objet de coupes culturales par le Corps forestier valdôtain.

Le pin à crochets présente deux morphologies distinctes :
- à port arboré, le tronc droit, élancé, et le houppier pyramidal ; il forme des futaies denses avec un sous-bois touffu de myrtilles et rhododendrons et arrive à coloniser avec des formations clairsemées même des buttes en grande partie couvertes d’affleurements rocheux ;
- à port prostré, avec des branches couchées à même le sol qui ne se redressent qu’au sommet, il recouvre des couloirs parcourus par les avalanches et tolère les précipitations neigeuses régulières avec des masses qui peuvent même être imposantes.
Les pins à crochets enracinés dans des tourbières ou dans les fissures des rochers, caractérisés par un développement très lent, peuvent former de véritables « bonsaïs » naturels.
De très nombreux champignons se développent en symbiose étroite avec les racines du pin à crochets (la présence d’au moins 100 espèces de champignons ectosymbiontes a été établie dans le Parc), des organismes qui facilitent remarquablement la colonisation de sols pauvres par l’arbre.
La flore des serpentinites - adaptée aux sites avec la présence de sols superficiels peu fertiles et riches en éléments toxiques tels que le nickel, le chrome et le cobalt – se distingue par un faible nombre d’espèces et par la fréquence des crucifères (en particulier les genres Thlaspi et Cardamine). Citons parmi les espèces les plus intéressantes Cardamine plumieri, Thlaspi sylvium, Alyssum argenteum et Asplenium cuneifolium.
Les serpentines comprennent un nombre surprenant de lichens rupicoles (plus de 100 espèces recensées dans le Parc), si l’on considère les difficiles conditions climatiques et lithologiques qu’elles doivent affronter. Une espèce particulièrement fréquente et intéressante est celle des « lichens lichenicoles », qui se développent aux dépens d’autres espèces de lichens ayant colonisé avant eux le substrat rocheux.
Dans le Val Chalamy, à mesure que l’on passe du versant exposé au Nord à l’adret, on perçoit nettement le contraste entre les différents niveaux d’humidité dans l’environnement en constatant la disparition progressive du hêtre au profit du pin sylvestre, une essence qui s’adapte mieux à des conditions d’aridité environnementale.
La flore des zones humides, très intéressante, se retrouve aux abords des lacs, bien entendu, mais aussi dans une myriade de marais tourbeux et de résurgences présentes dans tout l’espace protégé. Ces milieux hébergent des plantes boréales qui se sont raréfiées ou qui sont désormais menacées de disparition dans les Alpes ; parmi les espèces les plus rares et localisées présentes dans les tourbières, on peut rappeler Carex limosa, C. pauciflora, Eriophorum vaginatum. À noter également la présence considérable de la plante insectivore Drosera rotundifolia avec de nombreuses stations, ainsi qu’un étang avec des îlots flottants de sphaignes (parmi lesquelles Sphagnum magellanicum, S. squarrosum et S. angustifolium). En plein été on voit flotter sur la surface de quelques petits lacs une abondante floraison de renoncule aquatique, avec ses fleurs blanches éclatantes.

Enfin, d’autres espèces floristiques rares ou localisées présentes dans le Parc méritent d’être mentionnées : Artemisia chamaemelifolia, Asplenium adulterinum, A. cuneifolium, Cortusa matthioli, Diphasiastrum alpinum, Platanthera chlorantha, Sedum villosum et Stemmacantha rhapontica.

Goj de Leser
Pino uncinato bonsai
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